La SouPe MiSo
 





 

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Dimanche 26 juin 2005

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012 >> Haut et court

On dit souvent qu’une femme est la vitrine de son mari. Avoir une belle pépé à son bras veut dire qu’on est riche et qu’on a une grosse queue. A voir la tronche de mon épouse, je me demande bien quelle image les autres ont de moi. Ils doivent bien se foutre de ma gueule dans mon dos et ça, ça me fout en rogne. Aussi, pour me calmer, pour me soulager, je la trompe. Le plus souvent possible. Avec le plus grand nombre de femmes possible. Avec les plus belles femmes possible. Et je dois dire que je me débrouille plutôt pas trop mal.

Ce matin, je suis allé sur les boulevards extérieurs – pendant mes heures de travail, bien entendu – pour évaluer la qualité du nouvel arrivage de putes de l’Est que le Gros Tony et son gang vient d’importer en ville. Que du bon ! Et me voici à dix heures du mat’, dans une Mercedes volée flambant neuve garée le long du trottoir, à deux doigts de me faire sucer par une ravissante brunette au corps de folie. Elle me fait triquer grave avec son petit corps décharné et sa moue mutine qui semble dire : " Je suis prête à faire tout ce que tu voudras en échange d’une boîte de raviolis, même périmée. " Ouais, franchement, elle me plaît. Je vais sortir mon anglais des grands jours pour entamer la conversation :

- So, where you from ?

- Kosovo.

- Kosovo ? … Kosovo quoi ? … Kosovo ma bite dans ta bouche ? Si c’est ça que tu veux, t’auras pas à le demander deux fois. Allez, fais pas ta farouche, mets-la dans ta bouche !

La mignonne ne se fait pas prier et se met aussitôt au travail. Sa langue experte, à la fois délicate et légèrement râpeuse, dessine sur mon gland de grands huit qui me font rougir de plaisir.

TOC ! TOC ! TOC !

Qu’est-ce que c’est ? Oh, oui, c’est bon, continue…

TOC ! TOC ! TOC !

Merde ! Quelqu’un frappe à la vitre. C’est un collègue, un îlotier. Je baisse la vitre.

- Dis, l’oiseau, qu’il me fait, tu veux que je te coffre pour racolage et exhibitionnisme ou quoi ? Il est dix heures et quart du matin et tu te fais sucer dans une caisse, en pleine rue et à moins de deux cents mètres d’un collège ! Ça va pas bien dans ta tête ou quoi ?

- On se calme, l’ami, je suis de la maison, dis-je en lui sortant ma plaque.

- Ah ben, ça change tout… Excusez-moi, inspecteur Roland, je vous avais pas reconnu de dos. Vraiment, je suis confus…

- Non, voyons, pas la peine de t’excuser. Une erreur est si vite arrivée…

- Et qu’est-ce que vous faites dans le quartier, inspecteur Roland ?

- Eh bien, comme tu le vois, je suis en train d’essayer une des nouvelles puputes de l’Est du Gros Tony.

- Ah ouais ? Génial ! Et elles sont bonnes ?

- Au poil ! D’ailleurs, si tu permets, j’aimerais bien terminer en paix…

- Ah oui, excusez-moi. Bon, ben, bonne journée, inspecteur Roland. Au plaisir !

- Oui, c’est ça, au plaisir.

Ouf ! Enfin seul. Reprenons la conversation :

- So, what’s your name ?

- Olga.

- Great ! Keep sucking, Olga. Keep sucking…

Elle est divine, cette petite. Rarement ai-je eu droit à tant de virtuosité dans l’art délicat du taillage de pipe.

BILOUDI ! BILOUDI ! BILOUDA !

Quoi encore ?

BILOUDI ! BILOUDI ! BILOUDA !

Fais chier : c’est mon portable. Double fais chier : c’est ma femme. A contrecœur, je décroche :

- Oui, allô, j’écoute.

- Roland-chéri ? C’est ton petit sucre d’orge adoré.

- Qui ça ?

- Mais voyons, Roland, c’est moi, Valérie, ta femme !

- Ah ! … OK… Qu’est-ce que tu veux ?

J’adore la faire marcher.

- Rien de particulier, reprend-elle, je voulais juste te dire que je t’aimais.

- C’est bon, ça ! Continue comme ça.

- Merci, c’est gentil. Tu ne peux pas t’imaginer comme tu me manques quand tu n’es pas là.

- Oh, oui, c’est bon, continue !

- Tous les matins, je remercie le ciel de t’avoir rencontré.

- Oui, c’est bon ! Je sens que je viens.

- Tu es une véritable bénédiction, un cadeau tombé du ciel.

- Oh, oui ! Oh, oui ! Oh, oui !

- Même maman t’adore, tu sais. Et elle est difficile !

- Yes ! Yes ! Yes ! Yes ! Yeeesssssssss !

- Eh bien, mon petit Roland-ninounet-chéri, je ne savais pas que maman te faisait autant d’effet !

- Oh, putain ! Quel pied ! Ça fait du bien !

- Puisque c’est comme ça, je vais l’inviter ce soir à dîner pour te faire plaisir.

- Thanks, girl, that was great !

- Je suis sûre que ça fera très plaisir à maman également.

- Ta mère ? … Quoi, ta mère ?

- Eh bien, maman… je comptais l’inviter ce soir à dîner pour te faire plaisir.

- Ouais, ben, on verra… J’ai du boulot. Salut !

Et je raccroche. Putain qu’elle est conne ! Et c’est rien de le dire.

BILOUDI ! BILOUDI ! BILOUDA !

Qu’est-ce qu’elle me veut encore ? C’est pas bientôt fini ?

BILOUDI ! BILOUDI ! BILOUDA !

Je décroche :

- Quoi encore ? Elle est pas jouasse, ta mère ?

- Mais enfin, Roland, je vous en prie ! Un peu de tenue, tout de même…

Mince, c’est pas ma conne de femme, c’est mon con de supérieur hiérarchique, le commissaire Raymond Bot. Ils sont tout aussi détestables l’un que l’autre mais à lui je dois un minimum de respect. Parce que si je veux un jour avoir une augmentation, j’ai intérêt à l’avoir à la bonne.

- Excusez-moi, chef, je croyais que c’était ma femme au bout du fil…

- Ah, mon petit Roland, je vous comprends… Moi aussi, j’ai parfois des conversations assez houleuses avec ma femme, si vous voyez ce que je veux dire…

- Ouais, je vois très bien.

- Enfin, mon petit Roland, j’ai une grande nouvelle à vous annoncer !

- C’est pas vrai ! Vous avez décidé de m’augmenter ?

- Non, Roland, mieux que ça.

- Les collègues viennent de réaliser une saisie record de stupéfiants et vous avez détourné une dizaine de kilos de schnouf pour qu’on fasse la fête entre nous ?

- … Parfois, vous me faites peur… Non, Roland, mieux que ça.

- Vous avez enfin décidé de prendre votre retraite et nous voilà délivré de votre joug tyrannique ?

- Faites attention à ce que vous dites, mon petit Roland, faites bien attention. Non, c’est encore mieux que ça. Je vous attends au poste dans dix minutes pour vous faire la surprise. A tout de suite !

Je remballe en vitesse mon service trois pièces dans mon falzar, j’embrasse la charmante Olga sur le front et je file au poste. Là-bas, je retrouve Raymond Bot, tout sourire, à côté d’un jeune gringalet binoclard à l’air niais.

- C’est quoi ça ? fais-je en pointant du doigt l’avorton.

- Ça, mon petit Roland, c’est votre surprise. Votre nouvel équipier : Rémi Froissart !

- Mon quoi ? Mais vous plaisantez !

- Rhô ! Mais ne cachez pas votre joie, Roland ! Et venez plutôt serrer la main de Rémi.

- Mais, commissaire, vous savez très bien que je travaille toujours en solo ! Je n’aime pas avoir d’équipier. Pourquoi pas m’affecter un chien policier pendant que vous y êtes ! Nan, vraiment, ça va pas être possible… Et puis regardez donc la gueule qu’il a ! Il a des pustules partout et il a l’air tout con, tout pédé ! Voyez, c’est bien ce que je disais, il vient de me reluquer le cul !

- Vous lui avez reluqué le cul, Rémi ?

- Non, commissaire, je n’ai rien reluqué du tout.

- Promis ?

- Promis, commissaire.

- Voyez, Roland, le petit vient de le promettre, il n’a rien reluqué du tout.


à suivre chez Roland...

 

Samedi 25 juin 2005
"Je hais les Danois et j'en suis fière ! En Islande, lorsqu'on traite quelqu'un de Danois, c'est une insulte. Ils nous ont violé pendant six cent ans de colonisation, alors..."
Bjork
Vendredi 24 juin 2005

"Les homos mènent sûrement le combat le plus important de ces trente-cinq dernières années. Parce qu’il s’agit de la condition humaine."


Oliviero Toscani (photographe), 20 minutes, 24/06/05.

Jeudi 23 juin 2005

condition humaine :

" Murlidharan, l'aliéné qui hantait la passage à niveau, était assis en parfait équilibre sur la borne kilométrique. Il avait les jambes croisées et l'on voyait ses testicules et son pénis pointer vers l'inscription:

COCHIN 24

Murlidharan était nu comme un vers, à l'exception d'un sac en plastique cylindrique que quelqu'un lui avait enfoncé sur la tête et qui lui faisait une toque de cuisinier transparente à travers laquelle il continuait de voir défiler le monde, vision certe imparfaite et déformée, mais nullement limitée. L'eût-il voulu qu'il aurait été bien incapable d'enlever son couvre-chef : il n'avait plus de bras. Il se les était fait arracher par un obus à Singapour en 1942, une semaine à peine après s'être enfui de chez lui pour s'engager dans les unités combantantes de l'armée indienne..."
Vendredi 17 juin 2005
L'origine des larmes proviendraient anthropologiquement des tribus primitives. A l'époque, sans yeux c'était la mort, un homme qui pleurait signalait qu'il avait des problèmes avec ses yeux et appelait ainsi l'aide des membres de la tribu.

L'autre explication est que l'organisme aurait trouvé le moyen de signifier la précarité en recréant le visage du nouveau-né, rouge et mouillé par le liquide amniotique.

Mercredi 15 juin 2005

J'ai tout vu, j'ai vu les saules
j'ai vu mon pays le premier jour de paix
j'ai vu un ami tué par son meilleur ami
Et des vies qui étaient finies avant d'avoir été vécues

J'ai vu ce que j'étais, je sais ce que je serai
j'ai tout vu il n'y a plus rien à voir !

-Tu n'as pas vu les éléphants, les rois du Peru !

je suis heureuse de dire que j'ai mieux à faire

-Et à propos de la Chine ? As-tu vu la grande muraille ?

Tous les murs sont grands si la base ne s'écroule pas.

-Et l'homme que tu vas épouser ? La maison que tu partageras ?

Oh, non, mais je m'en fous, vraiment ça ne m'intéresse pas.

-Tu n'as jamais été aux chutes du Niagara ?

C'est de l'eau, rien que de l'eau.

-La tour Eiffel ? L'empire State ?

Mon pouls était aussi fort à mon premier rendez-vous

-Les mains de ton petit-fils quand il jouera avec tes cheveux ?

Vraiment, ça ne m'intéresse pas ... J'ai tout vu, j'ai vu l'ombre
J'ai vu la lumière dans une petite étincelle.
J'ai vu ce que j'ai choisi -j'ai vu ce dont j'avais besoin.
J'ai vu ce que j'étais, je sais ce que je serai.
J'ai tout vu, il n'y a plus rien à voir !

Tu as tout vu et tout ce que tu as vu
Tu peux le repasser sur ton petit écran personnel
La lumière et l'obscurité, le grand et le petit
Garde juste à l'esprit -tu n'as plus besoin de rien
Tu as vu ce que vous étiez, et tu sais ce que vous serez
Tu as tout vu, tu n'as plus besoin de voir !
Mercredi 15 juin 2005
Dimanche 12 juin 2005
Diagnostic de la mort : Pas de définition légale.

Signes négatifs : arrêt des fonctions cérébrales, cardiaques et respiratoires.

Signes positifs : refroidissement cadavérique (4ème heure)
-rigidité cadavérique : acidification des tissus, déshydratation. Responsable de la perte d'urine et l'éjaculation post-mortem (entre 4 et 72 heures)
-Lividités cadavériques : congestion des capillaires due à la pesanteur (sang non coagulé)
-déshydratation : tache noire sléroticale (aspect glaireux et trouble de la cornée)

Stade tardif : putréfaction : tache verte abdominale, gaz putrides et ballonnement, faune nécrophile, adipocire.

Dimanche 12 juin 2005
Crevées: grandes incisions faites dans la peau et les masses musculaires d'un défunt, qui permettent de découvrir des hématomes, séquelles de violences profondes.

Dimanche 12 juin 2005
L’alibi du plombier. Qu’en est-il vraiment ? Quelle est la hiérarchie des salaires ? En bas de l’échelle se situe le médecin généraliste. Avec 68 000 euros de bénéfice net annuel moyen en 2003, il dépasse de loin le plombier (35 000 euros), auquel le comparent souvent ses représentants syndicaux pour déplorer sa perte de pouvoir d’achat. Le salaire d’un médecin hospitalier – compte tenu d’un traitement brut de 61 000 euros, auquel s’ajoutent différentes primes, notamment pour heures supplémentaires, instaurées récemment – se situe dans les faits juste au-dessus des revenus du généraliste privé. Même s’il n’est pas possible de connaître exactement ce montant moyen.
Les spécialistes gagnent nettement plus, en moyenne. Leur rémunération a atteint 88 000 euros en 2003. Mais cette donnée très générale ne signifie pas grand-chose. Les écarts sont colossaux entre la rémunération moyenne d’un psychiatre (56 000 euros), d’un pédiatre ou d’un neurologue (62 000 euros) et celle d’un radiologue (150 000 euros). Des écarts du reste assez inexplicables. C’est, en tout cas, ce que suggère en termes polis le Haut Conseil pour la réforme de l’assurance-maladie. Son rapport, publié cet hiver avant les annonces gouvernementales sur l’assurance-maladie, s’interroge sur « les différences importantes de rémunérations nettes entre les différentes professions médicales que ne justifient pas toujours le niveau d’études et de formation, ou les difficultés et risques de l’exercice professionnel ».

 
 
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