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012 >> Haut et court
On dit souvent quune femme est la vitrine de son mari. Avoir une belle pépé à son bras veut dire quon est riche et quon a une grosse queue. A voir la tronche de mon épouse, je me demande bien quelle image les autres ont de moi. Ils doivent bien se foutre de ma gueule dans mon dos et ça, ça me fout en rogne. Aussi, pour me calmer, pour me soulager, je la trompe. Le plus souvent possible. Avec le plus grand nombre de femmes possible. Avec les plus belles femmes possible. Et je dois dire que je me débrouille plutôt pas trop mal.
Ce matin, je suis allé sur les boulevards extérieurs pendant mes heures de travail, bien entendu pour évaluer la qualité du nouvel arrivage de putes de lEst que le Gros Tony et son gang vient dimporter en ville. Que du bon ! Et me voici à dix heures du mat, dans une Mercedes volée flambant neuve garée le long du trottoir, à deux doigts de me faire sucer par une ravissante brunette au corps de folie. Elle me fait triquer grave avec son petit corps décharné et sa moue mutine qui semble dire : " Je suis prête à faire tout ce que tu voudras en échange dune boîte de raviolis, même périmée. " Ouais, franchement, elle me plaît. Je vais sortir mon anglais des grands jours pour entamer la conversation :
- So, where you from ?
- Kosovo.
- Kosovo ? Kosovo quoi ? Kosovo ma bite dans ta bouche ? Si cest ça que tu veux, tauras pas à le demander deux fois. Allez, fais pas ta farouche, mets-la dans ta bouche !
La mignonne ne se fait pas prier et se met aussitôt au travail. Sa langue experte, à la fois délicate et légèrement râpeuse, dessine sur mon gland de grands huit qui me font rougir de plaisir.
TOC ! TOC ! TOC !
Quest-ce que cest ? Oh, oui, cest bon, continue
TOC ! TOC ! TOC !
Merde ! Quelquun frappe à la vitre. Cest un collègue, un îlotier. Je baisse la vitre.
- Dis, loiseau, quil me fait, tu veux que je te coffre pour racolage et exhibitionnisme ou quoi ? Il est dix heures et quart du matin et tu te fais sucer dans une caisse, en pleine rue et à moins de deux cents mètres dun collège ! Ça va pas bien dans ta tête ou quoi ?
- On se calme, lami, je suis de la maison, dis-je en lui sortant ma plaque.
- Ah ben, ça change tout Excusez-moi, inspecteur Roland, je vous avais pas reconnu de dos. Vraiment, je suis confus
- Non, voyons, pas la peine de texcuser. Une erreur est si vite arrivée
- Et quest-ce que vous faites dans le quartier, inspecteur Roland ?
- Eh bien, comme tu le vois, je suis en train dessayer une des nouvelles puputes de lEst du Gros Tony.
- Ah ouais ? Génial ! Et elles sont bonnes ?
- Au poil ! Dailleurs, si tu permets, jaimerais bien terminer en paix
- Ah oui, excusez-moi. Bon, ben, bonne journée, inspecteur Roland. Au plaisir !
- Oui, cest ça, au plaisir.
Ouf ! Enfin seul. Reprenons la conversation :
- So, whats your name ?
- Olga.
- Great ! Keep sucking, Olga. Keep sucking
Elle est divine, cette petite. Rarement ai-je eu droit à tant de virtuosité dans lart délicat du taillage de pipe.
BILOUDI ! BILOUDI ! BILOUDA !
Quoi encore ?
BILOUDI ! BILOUDI ! BILOUDA !
Fais chier : cest mon portable. Double fais chier : cest ma femme. A contrecur, je décroche :
- Oui, allô, jécoute.
- Roland-chéri ? Cest ton petit sucre dorge adoré.
- Qui ça ?
- Mais voyons, Roland, cest moi, Valérie, ta femme !
- Ah ! OK Quest-ce que tu veux ?
Jadore la faire marcher.
- Rien de particulier, reprend-elle, je voulais juste te dire que je taimais.
- Cest bon, ça ! Continue comme ça.
- Merci, cest gentil. Tu ne peux pas timaginer comme tu me manques quand tu nes pas là.
- Oh, oui, cest bon, continue !
- Tous les matins, je remercie le ciel de tavoir rencontré.
- Oui, cest bon ! Je sens que je viens.
- Tu es une véritable bénédiction, un cadeau tombé du ciel.
- Oh, oui ! Oh, oui ! Oh, oui !
- Même maman tadore, tu sais. Et elle est difficile !
- Yes ! Yes ! Yes ! Yes ! Yeeesssssssss !
- Eh bien, mon petit Roland-ninounet-chéri, je ne savais pas que maman te faisait autant deffet !
- Oh, putain ! Quel pied ! Ça fait du bien !
- Puisque cest comme ça, je vais linviter ce soir à dîner pour te faire plaisir.
- Thanks, girl, that was great !
- Je suis sûre que ça fera très plaisir à maman également.
- Ta mère ? Quoi, ta mère ?
- Eh bien, maman je comptais linviter ce soir à dîner pour te faire plaisir.
- Ouais, ben, on verra Jai du boulot. Salut !
Et je raccroche. Putain quelle est conne ! Et cest rien de le dire.
BILOUDI ! BILOUDI ! BILOUDA !
Quest-ce quelle me veut encore ? Cest pas bientôt fini ?
BILOUDI ! BILOUDI ! BILOUDA !
Je décroche :
- Quoi encore ? Elle est pas jouasse, ta mère ?
- Mais enfin, Roland, je vous en prie ! Un peu de tenue, tout de même
Mince, cest pas ma conne de femme, cest mon con de supérieur hiérarchique, le commissaire Raymond Bot. Ils sont tout aussi détestables lun que lautre mais à lui je dois un minimum de respect. Parce que si je veux un jour avoir une augmentation, jai intérêt à lavoir à la bonne.
- Excusez-moi, chef, je croyais que cétait ma femme au bout du fil
- Ah, mon petit Roland, je vous comprends Moi aussi, jai parfois des conversations assez houleuses avec ma femme, si vous voyez ce que je veux dire
- Ouais, je vois très bien.
- Enfin, mon petit Roland, jai une grande nouvelle à vous annoncer !
- Cest pas vrai ! Vous avez décidé de maugmenter ?
- Non, Roland, mieux que ça.
- Les collègues viennent de réaliser une saisie record de stupéfiants et vous avez détourné une dizaine de kilos de schnouf pour quon fasse la fête entre nous ?
- Parfois, vous me faites peur Non, Roland, mieux que ça.
- Vous avez enfin décidé de prendre votre retraite et nous voilà délivré de votre joug tyrannique ?
- Faites attention à ce que vous dites, mon petit Roland, faites bien attention. Non, cest encore mieux que ça. Je vous attends au poste dans dix minutes pour vous faire la surprise. A tout de suite !
Je remballe en vitesse mon service trois pièces dans mon falzar, jembrasse la charmante Olga sur le front et je file au poste. Là-bas, je retrouve Raymond Bot, tout sourire, à côté dun jeune gringalet binoclard à lair niais.
- Cest quoi ça ? fais-je en pointant du doigt lavorton.
- Ça, mon petit Roland, cest votre surprise. Votre nouvel équipier : Rémi Froissart !
- Mon quoi ? Mais vous plaisantez !
- Rhô ! Mais ne cachez pas votre joie, Roland ! Et venez plutôt serrer la main de Rémi.
- Mais, commissaire, vous savez très bien que je travaille toujours en solo ! Je naime pas avoir déquipier. Pourquoi pas maffecter un chien policier pendant que vous y êtes ! Nan, vraiment, ça va pas être possible Et puis regardez donc la gueule quil a ! Il a des pustules partout et il a lair tout con, tout pédé ! Voyez, cest bien ce que je disais, il vient de me reluquer le cul !
- Vous lui avez reluqué le cul, Rémi ?
- Non, commissaire, je nai rien reluqué du tout.
- Promis ?
- Promis, commissaire.
- Voyez, Roland, le petit vient de le promettre, il na rien reluqué du tout.
"Les homos mènent sûrement le combat le plus important de ces trente-cinq dernières années. Parce qu’il s’agit de la condition humaine."
Oliviero Toscani (photographe), 20 minutes, 24/06/05.
" Murlidharan, l'aliéné qui hantait la passage à niveau, était assis en parfait équilibre sur la borne kilométrique. Il avait les jambes croisées et l'on voyait ses testicules et son pénis pointer vers l'inscription:
Murlidharan était nu comme un vers, à l'exception d'un sac en plastique cylindrique que quelqu'un lui avait enfoncé sur la tête et qui lui faisait une toque de cuisinier transparente à travers laquelle il continuait de voir défiler le monde, vision certe imparfaite et déformée, mais nullement limitée. L'eût-il voulu qu'il aurait été bien incapable d'enlever son couvre-chef : il n'avait plus de bras. Il se les était fait arracher par un obus à Singapour en 1942, une semaine à peine après s'être enfui de chez lui pour s'engager dans les unités combantantes de l'armée indienne..."
L'autre explication est que l'organisme aurait trouvé le moyen de signifier la précarité en recréant le visage du nouveau-né, rouge et mouillé par le liquide amniotique.
j'ai vu mon pays le premier jour de paix
j'ai vu un ami tué par son meilleur ami
Et des vies qui étaient finies avant d'avoir été vécues
J'ai vu ce que j'étais, je sais ce que je serai
j'ai tout vu il n'y a plus rien à voir !
-Tu n'as pas vu les éléphants, les rois du Peru !
je suis heureuse de dire que j'ai mieux à faire
-Et à propos de la Chine ? As-tu vu la grande muraille ?
Tous les murs sont grands si la base ne s'écroule pas.
-Et l'homme que tu vas épouser ? La maison que tu partageras ?
Oh, non, mais je m'en fous, vraiment ça ne m'intéresse pas.
-Tu n'as jamais été aux chutes du Niagara ?
C'est de l'eau, rien que de l'eau.
-La tour Eiffel ? L'empire State ?
Mon pouls était aussi fort à mon premier rendez-vous
-Les mains de ton petit-fils quand il jouera avec tes cheveux ?
Vraiment, ça ne m'intéresse pas ... J'ai tout vu, j'ai vu l'ombre
J'ai vu la lumière dans une petite étincelle.
J'ai vu ce que j'ai choisi -j'ai vu ce dont j'avais besoin.
J'ai vu ce que j'étais, je sais ce que je serai.
J'ai tout vu, il n'y a plus rien à voir !
Tu as tout vu et tout ce que tu as vu
Tu peux le repasser sur ton petit écran personnel
La lumière et l'obscurité, le grand et le petit
Garde juste à l'esprit -tu n'as plus besoin de rien
Tu as vu ce que vous étiez, et tu sais ce que vous serez
Tu as tout vu, tu n'as plus besoin de voir !
Signes négatifs : arrêt des fonctions cérébrales, cardiaques et respiratoires.
Signes positifs : refroidissement cadavérique (4ème heure)
-rigidité cadavérique : acidification des tissus, déshydratation. Responsable de la perte d'urine et l'éjaculation post-mortem (entre 4 et 72 heures)
-Lividités cadavériques : congestion des capillaires due à la pesanteur (sang non coagulé)
-déshydratation : tache noire sléroticale (aspect glaireux et trouble de la cornée)
Stade tardif : putréfaction : tache verte abdominale, gaz putrides et ballonnement, faune nécrophile, adipocire.
Les spécialistes gagnent nettement plus, en moyenne. Leur rémunération a atteint 88 000 euros en 2003. Mais cette donnée très générale ne signifie pas grand-chose. Les écarts sont colossaux entre la rémunération moyenne dun psychiatre (56 000 euros), dun pédiatre ou dun neurologue (62 000 euros) et celle dun radiologue (150 000 euros). Des écarts du reste assez inexplicables. Cest, en tout cas, ce que suggère en termes polis le Haut Conseil pour la réforme de lassurance-maladie. Son rapport, publié cet hiver avant les annonces gouvernementales sur lassurance-maladie, sinterroge sur « les différences importantes de rémunérations nettes entre les différentes professions médicales que ne justifient pas toujours le niveau détudes et de formation, ou les difficultés et risques de lexercice professionnel ».
La SouPe MiSo


